Lusopholie

Lettres, poésie et musique lusophones

Requête

Classé dans : - moyen âge/ XVIème siècle,littérature et culture — 12 décembre, 2007 @ 7:00

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«Ô très honorable, discret, sage, estimé et redouté Seigneur de Ceuta, comte Dom Ilham, monsieur mon père, moi, Alataba, votre fille déshonorée, je me recommande de qui, à qui et par qui est le véritable commandement de toutes les choses. La fille déshonorée est celle du bon père. Je vous baise les mains et je veux que vous sachiez, monsieur mon père, que, pensant m’avoir envoyée à la cour du roi Rodrigue pour votre plus grand honneur et mon grand privilège, c’est le contraire qui s’est produit, car vous avez fait ma perte et votre déshonneur : le roi Rodrigo, bien que contre mon gré et pour son plaisir, a couché avec moi. C’est pourquoi je vous prie, monsieur, au nom de Dieu et de la pitié, de m’envoyer chercher ; sinon, croyez bien que je prendrai ma vie de ma propre main, car je préférerais mourir cent fois que demeurer un jour de plus chez le roi Rodrigo. C’est pourquoi, monsieur mon père, je ne vous enverrai pas d’autre requête ; mais, si vous tenez à ma vie, envoyez-moi chercher, car si je ne voyais ma mère, certainement je ne voudrais plus vivre.»

Après avoir fait cette lettre, elle appela un écuyer en qui elle avait toute confiance et la lui donna ; et elle lui dit :
- Ami, que Dieu vous procure un bon voyage et une bonne fortune, et que je sois tenue de vous élever à une haute charge pour ce service que vous me faites ! Chevauchez jour et nuit de manière à arriver chez mon père et lui donner cette lettre !
L’écuyer, qui connaissait bien le chemin, ne manqua pas de chevaucher jour et nuit jusqu’à Ceuta, chez son père. Et il lui donna la lettre.
Et Alataba, après avoir envoyé l’écuyer chez son père, retourna près des autres demoiselles. Elle fit un tel effort pour se comporter normalement que personne ne remarqua rien de ce qui se passait avec le roi. Mais tous ceux qui étaient à la cour du roi s’étonnaient de voir que son état empirait de jour en jour et qu’en un temps très court elle avait perdu toute sa beauté.

Crónica Geral de Espanha de 1344, INCMN, Lisbonne 1984.

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