Lusopholie

Lettres, poésie et musique lusophones

interview

Classé dans : - époque contemporaine,littérature et culture — 28 février, 2008 @ 7:12

fleurbleue.jpg

- Et quelle est votre relation avec l’auteur ?
- Aucune. Je ne le connais même pas. C’est un auteur anonyme.
- Cela ne vous perturbe pas, cela ne vous crée pas de problèmes d’identité, comme on dit?
- Nous ne sommes nous-mêmes que lorsque nous sommes des personnages et nous en avons pleinement conscience. Lorsque nous pensons, nous sommes rarement nous-mêmes. Nous sommes une pensée d’autre chose. Ainsi, en ne sachant rien de l’auteur, je me sens mon propre créateur et l’identité ne me touche pas. D’ailleurs l’histoire, l’histoire proprement dite…
- Cette jeune fille à qui vous montrez une fleur, et à qui vous dites de si jolis mots, près d’un pont, comment est-elle ? J’entends encore sa voix : « C’est tellement beau que cela ne peut pas avoir de nom !… » Y a-t-il aveu plus tendre et plus fort ?

- Eh bien, cette jeune fille n’est pas un personnage. Mais j’étais désespérément amoureux. En fait, j’avouais ma passion à une fleur.
- Cette fleur énigmatique serait-elle la fleur bleue que la plupart des poètes sont incapables d’imaginer ?
- Non, pas du tout. Et s’ils ne la découvrent pas c’est parce qu’ils croient que c’est une fleur personnelle. Ce n’est pas une fleur que j’aurais vue une fois.
- Il y a un personnage qui n’a pas de nom que l’on confond parfois avec vous. Même vous, vous paraissez en être parfois troublé.
- On dirait que nous sommes en train de mélanger les temps… Même un dédoublement, dans une distanciation de soi-même…
- Le temps et la distance ont le même poids atomique. C’est une vérité très profonde! Vous ne comprenez pas?
- J’ai toujours été au plus profond du gouffre. Si ce n’était pas le cas, comment nous serait-il possible de nous rencontrer et de parler ainsi à bâtons rompus, amicalement, sans nous connaître ni d’Eve ni d’Adam ?

Dimíter Ánguelov, Sol Oposto, Ática, 2000

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Un commentaire »

  1. gmc dit :

    DOUBLE STRIP

    Quand la marguerite s’effeuille
    Il n’y a plus que parfum
    Qui s’effeuille à son tour
    En idées de caresse
    Qui spiralent en arômes
    Sous les yeux allumés
    En mèche courte
    Pour faire la révolution
    Et laisser respirer
    Un point de suspension

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