Lusopholie

Lettres, poésie et musique lusophones

manque d’imagination

Classé dans : - époque contemporaine,littérature et culture — 21 mars, 2008 @ 6:05

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Lorsqu’elle sortit du bar pour se rendre sur le plateau elle se sentit un peu embarrassée avec son sac à main et une serviette dans laquelle elle transportait le scénario du film et d’autres paperasses, dans ces cas-là il lui venait à l’esprit qu’un troisième bras lui serait bien utile, peut-être que les enfants à l’avenir naîtrons avec trois bras, qui sait, pour pouvoir porter sans effort tout le bazar avec lequel il faut parfois se trimballer.

L’ambiance du studio lui causait toujours une impression bizarre, une excitation secrète, cette odeur irrésistible de matériaux technologiques, et même la couleur fugace du décor, on aurait dit le noir et blanc d’une photographie violente mais peu lumineuse, fluide, révélatrice d’un paysage irréel où croissaient et fleurissaient des machineries diffuses… à mesure qu’elle avançait elle sentait sur sa peau, comme une caresse de feu, l’aura de la vie occulte qui irradiait des projecteurs, des grues, des métaux, des structures, des rampes d’éclairage, des rails, des trépieds, tout cela lui faisait penser à des totems d’une magie puissante, elle avait des visions d’un rituel énigmatique toujours nouveau et plein de surprises, un peu effrayant, enfin, pas beaucoup, juste un peu, il n’y avait pas moyen de s’habituer même si ce décor lui était familier depuis si longtemps – si longtemps ? qui pourrait le dire, le temps passe tellement vite, quel manque d’imagination, pensa-t-elle, c’est ce que tout le monde passe sa vie à dire : le temps s’enfuit, on dirait que c’était hier, hier j’étais petite-fille demain je serai grand-mère, l’âge ne pardonne pas…

António Macedo, As furtivas pegadas da serpente, Caminho, 2004

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Un commentaire »

  1. gmc dit :

    STUDIO LINE

    Dans les studios du jasmin
    L’opéra sent le savon
    A la myrtille et au cumin
    Les tapisseries s’agitent
    Sous la caresse du vent
    Les éclairages se tamisent à souhait
    Dans les ondulations de la volupté
    Caressant les hanches généreuses
    D’un sein qui darde un oeil
    Hors d’un corsage échancré

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