Lusopholie

Lettres, poésie et musique lusophones

arrivée

Classé dans : - époque contemporaine,littérature et culture — 2 janvier, 2009 @ 8:54

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Fito est mort en plein centre de Buenos Aires. Cela n’a rien d’étrange, et de toute façon la seule chose qui puisse attirer l’attention, c’est qu’il soit mort de mort naturelle après une existence si difficile. Ce qui est surprenant, et même incroyable pour qui ne connaît pas sa vie, c’est qu’il était encore à la poursuite d’un gigantesque sanglier blanc quelques instants avant de rendre son dernier soupir.
L’histoire a commencé alors que le XIXème siècle était déjà entré en plein dans sa seconde moitié. C’était dans un petit village reculé des Encarres. De là, quand il faisait beau, il fallait plusieurs journées de voyage pour arriver à la ville. L’hiver, la plupart du temps la neige empêchait toute aventure de ce genre et bêtes et gens restaient tapis ensemble dans les pallozas, sans voir la lumière du jour.
Fito ne devait pas encore avoir seize ans au moment où commence ce récit. Les cimes neigeuses s’éteignaient dans la lumière du crépuscule qui s’enfuyait d’elles vers le ciel. La nuit glacée grimpait du fond des ravins, encerclant les ultimes bastions protégés par les tièdes rayons du soleil. [...]
Dans l’immensité des montagnes qui se divisaient depuis le village, l’univers de solitude qui encerclait les cinq pallozas, le monde se préparait pour la dernière tempête de neige. [...]
Quelqu’un – tous le surent bien vite – remarqua de l’arrivée d’une silhouette sur le chemin qui venait de l’autre côté des montagnes, vers le levant. Enfoncée jusqu’aux genoux, elle tentait de surmonter son épuisement à chaque pas. Une grande masse compacte, de sorte que dans le lointain elle semblait ne pas avoir de visage, arrivait la tête baissée vers les maisons. Elle était consciente qu’elle n’avait plus rien à craindre. Le pire était passé. [...]
Sûr que ce n’était pas la première fois qu’elle venait au village. Fito entendit son père prononcer son nom sur un ton un peu mystérieux. – Tu as entendu ? lui dit-il. On a frappé à la porte. Mais reste tranquille. Il y a le temps. C’est Futingo. Ses pieds sont tellement grands qu’ils frappent toujours avant qu’il soit là. Attends. Il appellera …

Tucho Calvo, O xabaril branco, La voz de Galicia, 2002 (traduit du galicien)

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