coup de colère

« C’est ce que nous vous demandons, Aureliano Viegas, que vous collaboriez comme cobaye pionnier dans le grand projet de l’Etat d’en finir avec les écrivains médiocres de manière que le Programme Juste Anonymat (inséré à l’horizon stratégique plus ambitieux du Meilleur des Mondes Recyclé) en passe d’être financé en grand par des fonds communautaires, puisse d’ores et déjà présenter des résultats palpables susceptibles de servir d’appât aux commissaires de Bruxelles qui doivent débloquer les fonds. Nous pouvons compter sur vous ? » Je lui ai fait un vaillant bras d‘honneur mental, j’ai dit à part moi « c’est ta mère qui était médiocre, de te faire comme ça », et j’ai à peine murmuré un « je verrai ce que je peux faire ». J’avais besoin de réfléchir mûrement à tout ce que je venais d’entendre. Les dieux étaient idiots mais la vie collective continuait à tourner au rythme de leurs tambours, voilà, on allait voir ce qu’on allait voir, ma salope.
Le lendemain matin l’infirmière est venue me casser les oreilles avec de sibyllines admonestations, disant que j’avais offensé sa petite maman chérie en pensées et en paroles déversées en majuscules, sur la feuille A4, de ma propre main.

la vague
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c'est comme ces adieux lancés sur la route bitumée d'étoiles, vers laquelle on s'avance mélancoliquement humble avec dans les pensées cette paisible nonchalance qui illumine parfois nos visages, ' le cur du temps' vient caresser tes sens que c'en
est magistral, puis soudain il y a dans l'air atone des passages aphones que j'emprunte en apnée les doigts crispés sur le fil d'ariane tressé d'anémones, là dans les profondeurs abyssales des chants cétacés ma vague déferlante vient fracasser ton corps d'épousée.
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