Lusopholie

Lettres, poésie et musique lusophones

La légende de la Dame pied-de-chèvre

Classé dans : - moyen âge/ XVIème siècle,littérature et culture — 27 mars, 2009 @ 8:31

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Aquarelle de Ana Diogo (détail)

Dom Diego Lopes était très bon cavalier et, un jour qu’il était sur sa monture et guettait le sanglier, il entendit chanter d’une voix très aiguë une femme en haut d’un rocher.

Et il y alla, elle était très belle et très bien vêtue et il tomba très violemment amoureux d’elle et lui demanda qui elle était. Elle lui dit qu’elle était une dame de très haut lignage. Il lui dit que, puisqu’elle était une dame de très haut lignage, il l’épouserait, si elle voulait, car il était le maître de toute cette terre. Et elle lui dit qu’elle le ferait, s’il ne se signait jamais ; il le lui accorda et elle partit aussitôt avec lui.
Et cette dame était très belle et très bien faite de corps, mis à part qu’elle avait un pied fourchu, comme un pied de chèvre.
Et ils vécurent longtemps ensemble et eurent deux enfants ; un avait nom Enheguez Guerra, et l’autre était une fille et eu nom Dame …
Et quand ils mangeaient ensemble, Dom Diego Lopes et son épouse, il asseyait à côté de lui son fils et elle asseyait à côté d’elle sa fille, d’autre part. Et un jour il alla sur ses terres et tua un sanglier très grand et le rapporta à la maison et le posa devant lui là où il mangeait avec son épouse et ses enfants. Et ils jetèrent un os de la table et un mâtin et un petit chien se mirent à se battre, et le petit sauta sur le gros et lui enfonça les crocs dans la gorge et le tua.
Et Dom Diego Lopes, en voyant cela, le considéra comme un miracle et se signa en disant :
- Par Sainte Marie ! Qui a déjà vu une chose pareille ?
Et son épouse, quand elle le vit se signer, saisit sa fille et son fils, et Dom Diego Lopes arrêta son fils et ne voulut pas le laisser partir ; et elle s’enfuit avec sa fille par une brèche du mur du palais et s’en alla dans les montagnes, de sorte qu’on ne les revit plus jamais, ni elle ni sa fille.

Quarto livro de Linhagens, publié par Alexandre Herculano dans Portugaliae Monumenta Historica, 1856

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2 commentaires »

  1. loogan dit :

    Coucou Lusina,

    C’est toujours avec un réel plaisir que je viens fleurter avec tes textes….
    Il y règne une atmosphère de Fado, mais maintenant que je sais ou tu vis grace à la carte de Claude, tout s’explique.

    Je te remercie

    Loogan

    Dernière publication sur Les légendes de Loogan : JE SUIS CHARLIE.....

  2. lusina dit :

    Merci à toi !

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