Pour la science

Je ne sais si on peut dire de cet espace que c’est une cellule. J’ai appris dans les livres et dans les films à associer la cellule carcérale aux notions d’asphyxie, d’exiguïté, de manque de lumière. Il n’y a pas ici de lumière naturelle, de lumière du jour, c’est vrai. Le soleil me manque, mais s’il s’agit, comme je le pense, d’une réelle séquestration, il n’est pas dans la condition de séquestré de pouvoir se balader à la lumière du jour. Il me faut accepter la situation jusqu’à ce que tout soit éclairci. J’ai compris : ma vie n’est pas en danger immédiat mais on est en train de se servir d’elle à d’étranges fins. Je suis, peut-être, un cobaye. Mais de quelle expérience ? Pour quoi faire ? On m’a installé à l’une des extrémités de ce qui peut ressembler à un laboratoire clandestin. Où ? A Lisbonne, sûrement, mais en un lieu inconnu, non localisable, secret, dans lequel je ne reconnais pas les odeurs, les rumeurs, le moindre indice qui me permette de l’identifier.

la vague
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c'est comme ces adieux lancés sur la route bitumée d'étoiles, vers laquelle on s'avance mélancoliquement humble avec dans les pensées cette paisible nonchalance qui illumine parfois nos visages, ' le cur du temps' vient caresser tes sens que c'en
est magistral, puis soudain il y a dans l'air atone des passages aphones que j'emprunte en apnée les doigts crispés sur le fil d'ariane tressé d'anémones, là dans les profondeurs abyssales des chants cétacés ma vague déferlante vient fracasser ton corps d'épousée.
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