la main du poète

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Une main étincelle dans la maison de l'écriture. Elle lance des éclairs Elle tonne. Elle cherche un instant clair pour son apparition.
On peut la voir courir sur le dos du papier, couchée sur le côté, à sa façon rampante, on peut la voir goûter le ruminant délire des mots, leur arrangement rasant, et cette main porte des voix dans chaque passage délicat, rythmique, palpitante comme un nerf animal qui rappelle la texture pédestre du papier.
Mais la main vole, explosive, elle ne tombe pas, n'agonise pas dans l'espace vibrant où l'on communique.
Voler, c'est un fervent recueillement. Et dans ce qui est presque la mesure élémentaire de l'oubli l'écriture navigue sur un estuaire de silence.
Ecrire est une drogue ancienne, une ivresse qui brûle avec lenteur le cerveau, fait monter les lumières des viscères, le sang bouillant dans les veines turbulentes, elle apporte la nature stimulante des paysages qui sont en nous.
Eduardo White ( Quelimane, Mozambique), Poemas da Ciência de Voar e da Engenharia de Ser Ave, Caminho, 1992


la vague
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c'est comme ces adieux lancés sur la route bitumée d'étoiles, vers laquelle on s'avance mélancoliquement humble avec dans les pensées cette paisible nonchalance qui illumine parfois nos visages, ' le cur du temps' vient caresser tes sens que c'en
est magistral, puis soudain il y a dans l'air atone des passages aphones que j'emprunte en apnée les doigts crispés sur le fil d'ariane tressé d'anémones, là dans les profondeurs abyssales des chants cétacés ma vague déferlante vient fracasser ton corps d'épousée.
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