Le labyrinthe oraculaire

Quiconque écoute un de ces conteurs populaires sur les marchés et dans les cafés des villes arabes, entendra certainement parler d’une femme étrange qui apparaît toujours vêtue de noir de la tête aux pieds, couverte d’un voile diaphane de la même couleur, et qui vole, tue, incite à l’adultère, répand des maladies et propage toutes sortes de maux, surgissant et s’évanouissant de manière si soudaine qu’on la soupçonne d’être un génie féminin.
En réalité, cet être porte le nom de Sayda; et appartient au genre humain.
Elle naquit vraisemblablement au siècle antérieur à celui d’al-Ghatash[1] dans une des tribus païennes qui parcouraient la région de Qudayd où se trouvait un célèbre sanctuaire lithique consacré à Manat, déesse du destin et de la mort.
Sayda, enfant, fréquenta les prêtres de la divinité. Et de ceux-ci, elle entendit l’oracle de sa propre fin.
La jeunesse est incompatible avec la mort : Sayda voulut confirmer la prophétie en se présentant de nouveau devant Manat; mais déguisée cette fois en homme. On ignore combien de fois elle employa ce stratagème, modifiant à chaque visite sa seule apparence. On raconte même qu’elle se coupa les cheveux, se creva l’oeil gauche, s’amputa des doigts de pieds et des mains.
Les oracles différaient dans leur forme, mais possédaient le même sens. Sayda décida alors de défier la déesse. Elle ne voulut pas seulement contredire les oracles; elle prétendit échapper à la mort.

On ne sait pas exactement de quelle manière, mais Sayda parvint à s’infiltrer parmi les pèlerins de Manat et à écouter les destins de chacun d’eux. Elle fit alors une grande découverte :














la vague
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c'est comme ces adieux lancés sur la route bitumée d'étoiles, vers laquelle on s'avance mélancoliquement humble avec dans les pensées cette paisible nonchalance qui illumine parfois nos visages, ' le cur du temps' vient caresser tes sens que c'en
est magistral, puis soudain il y a dans l'air atone des passages aphones que j'emprunte en apnée les doigts crispés sur le fil d'ariane tressé d'anémones, là dans les profondeurs abyssales des chants cétacés ma vague déferlante vient fracasser ton corps d'épousée.
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