la pluie, toujours…
Il pleut beaucoup, plus, toujours plus… On dirait que quelque chose va s’abattre sur l’extérieur sombre…
[...] Où que se porte mon regard, tout est couleur de pluie, noir pâle.
J’ai des sensations étranges, toute froides. Il me semble que l’essentiel du paysage est brume et que les maisons sont la brume qui le voilent.
Une sorte de pré-névrose de ce que je serai quand je ne serai plus me glace le corps et l’âme. Une espèce de souvenir de ma mort future me fait frissonner de l’intérieur. Dans un brouillard d’intuition, je me sens matière morte, tombée avec la pluie, gémie par le vent. Et le froid de ce que je ne sentirai pas mord mon cœur d’aujourd’hui.
Fernando Pessoa, O livro do desassossego.



la vague
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c'est comme ces adieux lancés sur la route bitumée d'étoiles, vers laquelle on s'avance mélancoliquement humble avec dans les pensées cette paisible nonchalance qui illumine parfois nos visages, ' le cur du temps' vient caresser tes sens que c'en
est magistral, puis soudain il y a dans l'air atone des passages aphones que j'emprunte en apnée les doigts crispés sur le fil d'ariane tressé d'anémones, là dans les profondeurs abyssales des chants cétacés ma vague déferlante vient fracasser ton corps d'épousée.
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