la mer
(photographie Fatima Leitao)
Je t’écris ces vers en blanc,
avec la blancheur de l’écume née de la vague.
Je t’écris ces vers en noir,
avec la noirceur de la nuit dans la vague endormie.
Dans le blanc du vers j’écris en noir l’amour
que la mer cachera si quelqu’un veut le lire.
Dans le noir du poème écrit sur le blanc du vers
le ciel laissera un fond bleu à marée basse.
Et sous le bleu du ciel, dans le blanc du vers,
le poème sera blanc et noir comme l’arc-en-ciel d’une fleur.
Lavé par l’écume d’une vague qui s’est brisée,
c’est dans la mer qu’on lit, en noir et blanc, ce qu’est l’amour.
Nuno Júdice, 21 janvier 2008


la vague
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c'est comme ces adieux lancés sur la route bitumée d'étoiles, vers laquelle on s'avance mélancoliquement humble avec dans les pensées cette paisible nonchalance qui illumine parfois nos visages, ' le cur du temps' vient caresser tes sens que c'en
est magistral, puis soudain il y a dans l'air atone des passages aphones que j'emprunte en apnée les doigts crispés sur le fil d'ariane tressé d'anémones, là dans les profondeurs abyssales des chants cétacés ma vague déferlante vient fracasser ton corps d'épousée.
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