Nuit

(photographie: www.quartiersombre.com)
J’habite
dans les quartiers sombres du monde
sans lumière ni vie.
Je vais par les rues
à tâtons
appuyé à mes rêves informes
en trébuchant dans l’esclavage
à mon désir d’exister.
Ce sont des quartiers d’esclaves
des mondes de misère
des quartiers sombres.
Où les envies se sont diluées
et où les hommes se sont confondus
avec les choses.
Je marche à l’aveuglette
par les rues sans lumière
inconnues
encombrées de mystique et de terreur
en donnant le bras aux fantômes.
La nuit aussi est sombre.
Agostinho Neto (Angola), » Noite », in Sagrada Esperança, Sá da Costa, Lisbonne, 1974



la vague
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c'est comme ces adieux lancés sur la route bitumée d'étoiles, vers laquelle on s'avance mélancoliquement humble avec dans les pensées cette paisible nonchalance qui illumine parfois nos visages, ' le cur du temps' vient caresser tes sens que c'en
est magistral, puis soudain il y a dans l'air atone des passages aphones que j'emprunte en apnée les doigts crispés sur le fil d'ariane tressé d'anémones, là dans les profondeurs abyssales des chants cétacés ma vague déferlante vient fracasser ton corps d'épousée.
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