Lusopholie

Lettres, poésie et musique lusophones

usure du silence

Classé dans : - époque contemporaine,littérature et culture — 16 mars, 2010 @ 7:18

ventail.jpg

Berthe Morisot, Femme à l’éventail
ou Au bal
(
1875)

Je me suis assis en face de toi dans l’attente
de t’entendre parler dans le jour qui vient de la fenêtre,
et t’enveloppe de la chaleur humide d’une
parole divine. Mais tu as ouvert
l’éventail, en disant qu’il était trop tard pour discuter
des oracles. J’ai accepté ta réponse, comme
si tu me disais que les interrogations peuvent
attendre à demain. Au fond, tu montrais seulement
le mouvement exact de ta main, qui tenait l’axe
de ton petit monde; et tout ce qui se passait
c’était ton geste. J’ai attrapé les formes et les couleurs
de ce morceau tremblant de vie dans l’angle
que ton corps a formé avec la lumière; et j’ai suivi le déclin
des paupières que l’amour m’offrait, sachant
que l’usure du silence correspond à l’instant
où les regards s’attachent, comme des astres
dans la déclinaison d’un horoscope.

Nuno Júdice

Revenir à la page d’accueil
compteur stats

2 commentaires »

  1. gmc dit :

    DU SOUFFLE DE L’EAU

    Les interrogations peuvent toujours
    Attendre demain ou hier
    Les femmes savent faire durer
    Le plaisir de la caresse
    Décomposant le temps suspendu
    En nanosecondes d’infinie jouissance
    Quand la braise de la peau
    Imprègne les muqueuses
    Et rafraîchit l’atmosphère
    De son haleine de jasmin

  2. lusina dit :

    Très beau, c’est une réponse… Merci !

Flux RSS des commentaires de cet article.

Laisser un commentaire

 

rguiegu brahim - ÅíãÇÁÉ æÑÏ... |
dislui |
sarivoli |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Critica
| Pollution nocturne
| Hem Dolunay Hem Gökkuşağı