Lusopholie

Lettres, poésie et musique lusophones

le moulin à sucre

Classé dans : - XVIIème/XVIIIème siècles,littérature et culture — 9 juin, 2010 @ 7:57

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Moulin à sucre, Jean Baptiste Debret

On ne pourra ni mieux ni plus parfaitement décrire ce que c’est que d’être esclave dans un moulin à sucre au Brésil. Il n’y a travail ni genre de vie au monde plus semblable à la Croix et à la Passion de Christ que le vôtre dans un de ces moulins. [...]
Dans un moulin vous êtes les imitateurs du Christ crucifié : Imitatoribus Christi crucifixi – parce que vous souffrez d’une manière tout à fait semblable à celle dont le Seigneur a souffert sur sa croix et durant toute sa passion. Sa croix était composée de deux poteaux, et la vôtre dans un moulin est composée de trois. Là non plus les cannes ne manquèrent pas, car elles participèrent par deux fois à sa Passion : une fois en servant de sceptre de pacotille, et l’autre pour l’éponge où on lui donna le fiel. La Passion du Christ fut en partie faite de nuit sans dormir, et d’autre part d’un jour sans repos, et c’est ainsi que sont vos nuits et vos jours. Christ nu, et vous nus ; Christ sans nourriture, et vous affamés; Christ en tout maltraité, et vous maltraités en tout. Les chaînes, les fers, les fouets, les plaies, les noms injurieux, c’est de tout cela que se compose votre imitation, qui, si elle s’accompagne de patience, aura également le mérite du martyre. Il ne manquait que la croix pour une ressemblance entière et parfaite du nom de moulin : or Christ lui a donné le même, pas un autre, mais le même vocable. Votre moulin, ou votre croix, s’appelle Torcular
(1), et celle de Christ, de sa bouche même, s’appela aussi torcular : Torcular calcavi solus. – En toutes les inventions et instruments de travail il semble que le Seigneur n’en ait pas trouvé d’autre qui soit plus semblable au sien que le vôtre. L’adéquation et l’énergie de cette comparaison viennent de ce que dans l’instrument de la croix, et dans tout l’atelier de la passion, comme dans tous ceux où l’on exprime le jus des fruits, c’est ainsi que fut exprimé tout le sang de l’humanité sacrée.

Padre António Vieira, Sermão XIV (Extrait)

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