Elégie

Cascade fantastique, huile de Catherine Scharbach
Seraient-ils ceux-là,
Les lieux enchanteurs,
Par où je passais
Les bonnes années ?
Serait-ce les prés
Où je m’amusais,
Tout en faisant paître
Le gentil troupeau
Qu’Alceu m’a laissé ?
Ce sont-là ces lieux ?
Eh bien oui ; c’est moi
Qui suis différent.
C’est toi, Marília ?
J’arrive, attends.
Un cours d’eau tombait
De ce haut rocher ;
Au bruit murmurant
J’ai dormi souvent !
L’écume neigeuse
Ne recouvre plus
Les rochers brisés :
Comme si la rivière
S’était détournée.
Ce sont là ces lieux ?
Eh bien oui ; c’est moi
Qui suis différent.
C’est toi, Marília ?
J’arrive, attends.
[…]
L’âme qui avait
Toute liberté,
Ressent à présent
Amour et regret.
Les lieux enchanteurs
Qui jadis me plurent,
Las ! n’ont pas changé ;
Mais j’ai d’autres yeux,
Je suis affligé.
Ce sont là ces lieux ?
Eh bien oui ; c’est moi
Qui suis différent.
C’est toi, Marília ?
J’arrive, attends.
Tómas António Gonzaga, Liras, (Bahia) 1744, Portugal – 1810 ?, Mozambique.


la vague
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c'est comme ces adieux lancés sur la route bitumée d'étoiles, vers laquelle on s'avance mélancoliquement humble avec dans les pensées cette paisible nonchalance qui illumine parfois nos visages, ' le cur du temps' vient caresser tes sens que c'en
est magistral, puis soudain il y a dans l'air atone des passages aphones que j'emprunte en apnée les doigts crispés sur le fil d'ariane tressé d'anémones, là dans les profondeurs abyssales des chants cétacés ma vague déferlante vient fracasser ton corps d'épousée.
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