Lusopholie

Lettres, poésie et musique lusophones

Plus peur de rien

Classé dans : - époque contemporaine,littérature et culture — 21 mars, 2011 @ 17:58

tatuagemdaserpente.jpg

image

Quand Nandico lui a expliqué que dans des cas très particuliers Japauto acceptait le paiement en deux fois, il a répondu qu’il paierait comptant. Il s’est abstenu de dire qu’il utiliserait  jusqu’au bout sa carte de crédit parce qu’il n’avait aucune intention de payer. Sa vie avait changé d’objectif et par conséquent de règles. Sa vie allait cesser d’être Sofia et son travail où il ne pouvait pas porter les cheveux longs ni de tatouages comme celui de Nandico, un serpent sur son cou épais. Un cou de taureau avec un serpent enroulé. Le dessin représentait un serpent sur le point de mordre. La langue bifide qui pointait vers le cou de taureau impressionnait Júlio qui était comme hypnotisé au lieu de se concentrer sur le nouvel objectif de sa vie. La seule obligation qu’il avait, c’était d’anéantir le mal. En y pensant il a soupiré de satisfaction. Pour la première fois de son existence il savait exactement ce qu’il avait à faire, et en plus ce n’était pas difficile d’y arriver.

Pour la première fois, il n’avait peur de rien. Pas d’être renvoyé parce qu’il n’irait plus travailler. Il n’en avait plus besoin puisqu’il ne voulait plus l’appartement que Sofia et lui avaient acheté dans une banlieue sur la bonne rive du fleuve. Et il ne voulait plus la voiture non plus. Il ne voulait rien. Ne rien vouloir, n’avoir besoin de rien, était une sensation si agréable qu’il se demandait pourquoi il n’avait pas décidé ça plus tôt. Il n’aurait jamais plus peur de faillir devant Sofia ou les enfants à venir. Jamais plus. Sa vie était devenue parfaite. Sa vie avec un unique objectif qu’il pourrait atteindre à court, à très court terme, était maintenant incroyablement parfaite.

Dulce Maria Cardoso,  O Chão dos Pardais, Asa, 2009 (inédit en français)

2 commentaires »

  1. Un magnifique récit, qui rejoint l´idée que la richesse est en nous et comme le dit G. Snyder « La vraie richesse c´est de n´avoir besoin de rien ».
    Ce monsieur dans cette description semble avoir atteint le Nirvana. Le fil de l´histoire, le style dans laquelle elle est écrite nous plonge dans l´esprit du personnage central.
    Ismeralda.

    Dernière publication sur De Madrid à Liège, me rejoindrez vous dans mes délires :-) ? : La coupe du Roi (2012-2013) pour l´Atletico de Madrid. Merci Cholo.

  2. lusina dit :

    merci de ta visite…

Flux RSS des commentaires de cet article.

Laisser un commentaire

 

rguiegu brahim - ÅíãÇÁÉ æÑÏ... |
dislui |
sarivoli |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Wladimir Vostrikov - France
| Critica
| Pollution nocturne