dépit
Chaque fois que mon ami vient ici,
il me dit, mes amies, qu’il perd la tête,
et qu’il se meurt d’amour pour moi,
mais je crois bien que ce n’est pas vrai
car mourir, je ne le vois jamais
ni jamais devenir fou.
Il pleure beaucoup et il jure
qu’il est fou et qu’il veut des fils
qu’il meurt pour moi, mais, s’il veut périr,
je sais bien qu’il n’est pas pressé,
car mourir, je ne le vois jamais
ni jamais devenir fou.
Alors, voyons ce qu’il nous dira,
car si je le vois vivant et sain d’esprit,
moi je dirai : tu n’es pas mort d’amour ?
mais il se moque bien de moi déjà,
car mourir, je ne le vois jamais,
ni jamais devenir fou.
Il ne pourra plus me faire croire
qu’il meurt d’amour, s’il ne meurt pas.
« TEST ADMIN »
Johan Garcia de Guilhade
(B 754, V 357)
Troubadour portugais probablement né à Barcelos, milieu du XIIIe.













la vague
_________
c'est comme ces adieux lancés sur la route bitumée d'étoiles, vers laquelle on s'avance mélancoliquement humble avec dans les pensées cette paisible nonchalance qui illumine parfois nos visages, ' le cur du temps' vient caresser tes sens que c'en
est magistral, puis soudain il y a dans l'air atone des passages aphones que j'emprunte en apnée les doigts crispés sur le fil d'ariane tressé d'anémones, là dans les profondeurs abyssales des chants cétacés ma vague déferlante vient fracasser ton corps d'épousée.
_____
















